Présentation

Voici quelques lignes de présentation qui ont été publié sur le blog des Municipales que Pelerin.info m'avaient demandé d'animer durant toute la campagne.


1- Qu’est- ce qui vous a conduit à vous intéresser autant à la politique ?
Dans le pays ou les mots « politique » et « chrétien » ne font pas toujours bon ménage, c'est justement ma rencontre avec le christianisme qui m'a conduit à porter un autre regard sur les gens qui sont autour de moi. Il devenait naturel que je m'intéresse à ce qui les préoccupe.
J'avais dix huit ans lorsque j'ai découvert l'enseignement social de l'Eglise catholique. Un enseignement qui vous met sur la piste essentielle de l'homme dans son humanité- sans vous indiquer le comment. Puis il y a eu des rencontres avec des gens très divers, et enfin un désir de justice et de vérité qui bout toujours en moi. Je crois qu'il faut être un peu « révolté » pour s'engager en politique.
2- Pourquoi avoir crée l'Alliance Avec les Chrétiens en Politique ?
En 1996, il s'agissait de penser à « réhabiliter la politique » *. On entendait tout et n’importe quoi sur la politique et surtout sur les hommes politiques. Je pense qu'à trop dénigrer la politique, on se met en danger d'incivisme et d’individualisme. Les élus, par leur comportement, ont une grande responsabilité dans ce domaine. C'est pourquoi, il est bon qu'ils soient confrontés à leurs propres motivations et contradictions. Il n'est pas question d'évangéliser le monde politique, mais de donner un sens profond à l'engagement.
L’ACEP, c'est une « alliance avec » les chrétiens en politique. Aujourd'hui, on y propose à travers, notamment, une plate-forme Internet , une réflexion chrétienne et humaniste de l'action politique, des rencontres et des liens ente les élus ainsi qu'avec les électeurs et les différents mouvements, institutions et responsables de la société civile, un engagement concret en politique par une diversité d'actions et de formations spécifiques.
*l'expression est le titre de la Déclaration de la Commission Sociale de l'Episcopat de 1999
3- Etes-vous élue ? Où vous préparez-vous à l’être ?
Ma responsabilité au sein de l'ACEP , où se retrouvent des gens apolitiques et de différents partis- m'oblige moralement à ne pas briguer de mandat. Je ne le regrette pas même si je n'ai pas fait voeu d'abstinence pour l'avenir.
Mais pour moi la politique n’est pas le fait des seuls élus. C'est à nous tous que les affaires du monde ont été confiées. On fait de la politique, même sans le savoir. C’est pourquoi, tout en reconnaissant la légitimité des élus, je revendique aussi la reconnaissance, dans le cadre démocratique, du travail et de la responsabilité de tous les acteurs de la société. Or dans ce domaine, les élus comme les citoyens ont encore du chemin à parcourir.
C'est le message sous-jacent de l'ACEP et celui aussi du Forum Civique qui, sans être une association chrétienne, a à coeur, dans ses propositions de formation, la collaboration intelligente entre les compétences de la société civile et les institutions.
4- Qu’est- ce qui vous plaît le plus dans cette relation avec le monde politique ?
La première chose qui me vient à l'esprit, c'est la diversité des hommes et des femmes que j'y rencontre. Qu'ils soient de droite ou de gauche, croyants ou incroyants, je n'aurai pas la naïveté de dire que tous ont une motivation exemplaire. Mais tous ont éprouvé, à un moment donné, la première flamme de l'engagement. Il me plaît d'essayer de la faire revivre.
J'aime aussi la confrontation des idées même si je pense souvent qu'il faudrait y travailler l'éthique de la discussion. Je crois que la politique telle que je la « pratique » m'a aidée à grandir non seulement humainement mais spirituellement. En m'obligeant à aller au-delà de mon territoire, de mes préoccupations personnelles, j'y expérimente la vitalité du message évangélique.
- Où voulez vous nous emmener grâce à votre blog ?
Isabelle Deschard
30/04/2008

D’après les messages que nous recevons, nombreux sommes-nous à nous poser des questions quant aux échauffourées lors du passage de la flamme olympique à Paris, jeudi 7 avril.
Celle qui revient le plus concerne l’ardeur mise pas les forces de police française à arracher, souvent avec violence, les drapeaux tibétains.
Pourquoi cet acharnement ? D’où venaient les ordres ? Etait –ce du service d’ordre chinois, qui semblait avoir tous les pouvoirs ce jour là, dont celui d’éteindre la flamme au moment où il n’y avait même plus d’agitation. A qui d’autres pourrait donc faire peur ce drapeau ?

C’est pourtant bien ce même drapeau tibétain qu’ont déployé sur le fronton de l’assemblée nationale certains parlementaires.

« Un mauvais coup pour la France ». C’est ce qu’a affirmé Bernard Laporte, secrétaire d’Etat chargé des Sports, ce même jour, au 20H de France 2.
Si l’on ne savait nos hauts responsables politiques obligés à l’exercice diplomatique, on aurait de quoi avoir honte d’une telle déclaration.
C’est avant qu'il aurait fallu anticiper les événements en ne choisissant pas , pour accueillir les Jeux olympiques - symbole d' harmonie, de paix et de liberté- un pays où sont confisquées, pour ne parler que d'elles, liberté de la presse et religieuses. Que disent-ils aujourd'hui ceux qui nous expliquaient , qu' à la faveur de ce choix, les droits de l'homme progresseraient forcément en Chine?
Car six ans après ce choix contestable, c'est tout le contraire qui se passe.

Au fond de nous, nous le savons bien. C’est le silence des défenseurs des droits de l’homme qui aurait été un mauvais coup. Le signe que la démocratie dont jouissent nos sociétés occidentales ne fabriquerait que des pleutres et des égoïstes.

Je suis, pour ma part, fière et solidaire de cette chaîne de protestation qui se propage de continent en continent.

Certains s’inquiètent des appels au boycott des produits et services français de la part des internautes chinois
Pourtant, même dans nos pays qui mettent en avant les droits de l’homme, l’argent ne semble pas avoir beaucoup d’odeur ? Comment en aurait-il moins encore dans ceux qui font le pari de la réussite économique sans la liberté ?

Ces derniers jours, on a beaucoup parlé de développement durable.
C’est une nouvelle croissance qui se fait jour, à l’échelle mondiale : « réconcilier la rentabilité financière et la responsabilité vis à vis des générations futures »* En France, on en est encore au B a - ba et on ne l’appréhende bien souvent que sous l’angle de la protection de l’environnement. Mais cela va bien au-delà. Il s’agit aussi de faire grandir ensemble le social et l’économie, la performance et les droits de l’homme.

Pas de développement vraiment durable sans cette espérance.

*Rapport Attali
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