Présentation
Nos partis politiques, bien qu'entourés des " meilleurs experts" n'ont pas su anticiper la crise financière qui menace le monde. La comprennent-ils aujourd’hui d’ailleurs ? Il y a tant de connections que les spécialistes de la finance eux-mêmes n’arrivent pas à faire.
Le paradoxe est que ce sont pourtant ces gens là que l'on retrouve sur les antennes et les plateaux de télévision, à donner leur avis et leur solution. Préoccupés, à juste titre, par cette crise économique, nous ne voyons pas forcément que c’est aussi une crise du politique qui se révèle. Il n’y a pas eu de place pour la bonne politique : celle qui se départit des ambitions, des beaux discours ou des sondages pour anticiper. Car gouverner, c’est aussi prévoir. On s’affole parce que le pétrole va être de plus en plus cher. Mais on le savait depuis des décennies. Et pourtant, on a laissé dans l’ombre les meilleurs brevets et inventions de substitution. Pour quelles raisons ? A qui cela a-t-il profité ? L’empoisonnement de la terre par des produits chimiques ? Il n’est pas nécessaire d'avoir beaucoup d’expériences pour savoir ce qui l' attend… mais on continue encore. Il y en à qui en vivent si bien ! Le sujet des OGM soulève tant de batailles passionnées. Pourtant, dans le doute, ne faudrait-il pas s’abstenir ? La crise économique? Le mouvement Newropeans - fin connaisseur de l’Europe et de ses citoyens - avait tenté en vain de prévenir les responsables de la zone Euro de son imminence. En tout cas, il vient visiblement d’être entendu, si l’on en juge par le sommet de l’Euroland dont la demande faisait l’objet d’une pétition en ligne Cela devrait rassurer les européens et donner un peu de corps à l'Europe mais la crise, avec toutes ses conséquences sociales et économiques, ne fait que s’amorcer. Cette crise a été provoquée par un système qui manifeste une vision utilitariste de l’individu, selon une échelle de valeurs où l’homme est au service de l’économie. On n’y est intéressant que par ce que l’on rapporte. Evidemment, il vaut mieux y être beau, blanc, riche, intelligent et bien portant. Les loyers et les prix sont trop élevés ? On proteste que c’est le « prix du marché ». Notons que cette mentalité a gagné la plupart d’entre nous, même les communautés chrétiennes. Toujours le même problème entre « le dire » et « le faire ». Mais voilà, le marché est en train de se retourner contre lui-même, ébranlant fortement l’échelle qui le maintenait. Pourquoi ne pas saisir l’occasion historique de la retourner dans l' autre sens - celui où l'économie ne pourrait être qu' au service de l'homme et de l'humanité - plutôt que de nous désespérer sur la dévalorisation de nos biens ? Un tel redressement ne pourra se faire qu’au prorata d’une révolution des cœurs et des mentalités. Ne comptons pas sur les responsables politiques pour nous donner l’exemple. Les bonnes mesures leur sont généralement imposées par la société civile.Certains parleront d'utopies. C'est peut-être parce qu'il leur manque l'espérance , moteur de ceux qui font bouger les choses. « Les pauvres ont-ils des droits? Recherche sur le vol en cas d'extrême nécessité » Voilà un titre qui va en interroger … et en inquiéter plus d’un. En tout cas, ce compte-rendu d’Olivier Chazy est riche d’enseignements. On y apprend qu’ au 12 ième siècle, on a inventé pour le pauvre ,qui précédemment n’avait aucun droit, une procédure, dite du « recours à l’office du juge », lequel pourra intervenir pour contraindre le riche. Huit siècles plus tard, Le concile Vatican II par la constitution Gaudium et Spes n° 69, en citant Thomas d’Aquin * va reprendre les dispositions après un vif débat, où certains ont tenté d’édulcorer le texte proposé. Et dans notre XXI ième siècle qui reste à inventer, sommes-nous seulement prêts à nous investir pour que les biens alimentaires de base soient interdits de spéculation. Ce sujet ,cheval de bataille de Jean Ziegler , membre du comité consultatif du conseil des droits de l'homme des Nations unies , est tenu dans la discrétion médiatique et politique. Voilà une idée,pourtant, d'une première révolution à opérer. * "Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples, en sorte que les biens de la création doivent équitablement affluer entre les mains de tous, selon la règle de la Justice inséparable de la charité » « Quand a celui qui se trouve dans l’extrême nécessité, il a droit de se procurer l’indispensable à partir des richesses d’autrui " « Si tu n’as pas donné à manger à celui qui meure de faim, tu l’as tué » A noter dans vos agendas: Journée mondiale du refus de la misère
Isabelle Deschard
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