Mes notes
D’après les messages que nous recevons, nombreux sommes-nous à nous poser des questions quant aux échauffourées lors du passage de la flamme olympique à Paris, jeudi 7 avril.
Celle qui revient le plus concerne l’ardeur mise pas les forces de police française à arracher, souvent avec violence, les drapeaux tibétains. Pourquoi cet acharnement ? D’où venaient les ordres ? Etait –ce du service d’ordre chinois, qui semblait avoir tous les pouvoirs ce jour là, dont celui d’éteindre la flamme au moment où il n’y avait même plus d’agitation. A qui d’autres pourrait donc faire peur ce drapeau ? C’est pourtant bien ce même drapeau tibétain qu’ont déployé sur le fronton de l’assemblée nationale certains parlementaires. « Un mauvais coup pour la France ». C’est ce qu’a affirmé Bernard Laporte, secrétaire d’Etat chargé des Sports, ce même jour, au 20H de France 2. Si l’on ne savait nos hauts responsables politiques obligés à l’exercice diplomatique, on aurait de quoi avoir honte d’une telle déclaration. C’est avant qu'il aurait fallu anticiper les événements en ne choisissant pas , pour accueillir les Jeux olympiques - symbole d' harmonie, de paix et de liberté- un pays où sont confisquées, pour ne parler que d'elles, liberté de la presse et religieuses. Que disent-ils aujourd'hui ceux qui nous expliquaient , qu' à la faveur de ce choix, les droits de l'homme progresseraient forcément en Chine? Car six ans après ce choix contestable, c'est tout le contraire qui se passe. Au fond de nous, nous le savons bien. C’est le silence des défenseurs des droits de l’homme qui aurait été un mauvais coup. Le signe que la démocratie dont jouissent nos sociétés occidentales ne fabriquerait que des pleutres et des égoïstes. Je suis, pour ma part, fière et solidaire de cette chaîne de protestation qui se propage de continent en continent. Certains s’inquiètent des appels au boycott des produits et services français de la part des internautes chinois Pourtant, même dans nos pays qui mettent en avant les droits de l’homme, l’argent ne semble pas avoir beaucoup d’odeur ? Comment en aurait-il moins encore dans ceux qui font le pari de la réussite économique sans la liberté ? Ces derniers jours, on a beaucoup parlé de développement durable. C’est une nouvelle croissance qui se fait jour, à l’échelle mondiale : « réconcilier la rentabilité financière et la responsabilité vis à vis des générations futures »* En France, on en est encore au B a - ba et on ne l’appréhende bien souvent que sous l’angle de la protection de l’environnement. Mais cela va bien au-delà. Il s’agit aussi de faire grandir ensemble le social et l’économie, la performance et les droits de l’homme. Pas de développement vraiment durable sans cette espérance. *Rapport Attali
Isabelle Deschard
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