Mes notes
L'ACEP se réjouit de l'élection de Barak Obama.
Avec cette élection, c'est une nouvelle page de l'histoire de l'Amérique qui se tourne. Quel chemin depuis l'esclavage, Martin Luther King et Rosa Park. Et comme je partage la joie de toute la communauté noire à travers le monde. Il restera dans l'histoire que c'est une révolution démocratique qui a bien eu lieu ce 4 novembre 2008 aux Etats-Unis. Le jour où une majorité d'électeurs blancs a été capable de tourner le dos au racisme. Sans préjuger des difficultés et des succès qui sont le lot de tout président , c' est bien une victoire en forme de grand pas pour l'humanité. Une page de l'Amérique se tourne mais aussi une page de notre monde. Car, il restera que nous , qui demeurons sur les autres continents, allons de nouveau faire le "rêve américain".Et celui-ci est bien meilleur que l'autre. Il n'y est plus question d'aspirer à imiter un modèle de richesse ou de niveau de vie mais à tâcher de faire ce qu'il faut pour grandir. Dans notre coeur , en repoussant la tentation de la peur face à la diversité culturelle ; Dans nos actes en étant plus justes et plus humains ; dans l'exercice démocratique en favorisant le renouvellement des hommes et des femmes qui veulent bien y participer. Un vaste effort en perpsective qu'un peu plus de spiritualité dans notre manière d'appréhender l'humanité pourrait alléger ! God bless Barak Obama, the America .... and all the world ! Présentation
Nos partis politiques, bien qu'entourés des " meilleurs experts" n'ont pas su anticiper la crise financière qui menace le monde. La comprennent-ils aujourd’hui d’ailleurs ? Il y a tant de connections que les spécialistes de la finance eux-mêmes n’arrivent pas à faire.
Le paradoxe est que ce sont pourtant ces gens là que l'on retrouve sur les antennes et les plateaux de télévision, à donner leur avis et leur solution. Préoccupés, à juste titre, par cette crise économique, nous ne voyons pas forcément que c’est aussi une crise du politique qui se révèle. Il n’y a pas eu de place pour la bonne politique : celle qui se départit des ambitions, des beaux discours ou des sondages pour anticiper. Car gouverner, c’est aussi prévoir. On s’affole parce que le pétrole va être de plus en plus cher. Mais on le savait depuis des décennies. Et pourtant, on a laissé dans l’ombre les meilleurs brevets et inventions de substitution. Pour quelles raisons ? A qui cela a-t-il profité ? L’empoisonnement de la terre par des produits chimiques ? Il n’est pas nécessaire d'avoir beaucoup d’expériences pour savoir ce qui l' attend… mais on continue encore. Il y en à qui en vivent si bien ! Le sujet des OGM soulève tant de batailles passionnées. Pourtant, dans le doute, ne faudrait-il pas s’abstenir ? La crise économique? Le mouvement Newropeans - fin connaisseur de l’Europe et de ses citoyens - avait tenté en vain de prévenir les responsables de la zone Euro de son imminence. En tout cas, il vient visiblement d’être entendu, si l’on en juge par le sommet de l’Euroland dont la demande faisait l’objet d’une pétition en ligne Cela devrait rassurer les européens et donner un peu de corps à l'Europe mais la crise, avec toutes ses conséquences sociales et économiques, ne fait que s’amorcer. Cette crise a été provoquée par un système qui manifeste une vision utilitariste de l’individu, selon une échelle de valeurs où l’homme est au service de l’économie. On n’y est intéressant que par ce que l’on rapporte. Evidemment, il vaut mieux y être beau, blanc, riche, intelligent et bien portant. Les loyers et les prix sont trop élevés ? On proteste que c’est le « prix du marché ». Notons que cette mentalité a gagné la plupart d’entre nous, même les communautés chrétiennes. Toujours le même problème entre « le dire » et « le faire ». Mais voilà, le marché est en train de se retourner contre lui-même, ébranlant fortement l’échelle qui le maintenait. Pourquoi ne pas saisir l’occasion historique de la retourner dans l' autre sens - celui où l'économie ne pourrait être qu' au service de l'homme et de l'humanité - plutôt que de nous désespérer sur la dévalorisation de nos biens ? Un tel redressement ne pourra se faire qu’au prorata d’une révolution des cœurs et des mentalités. Ne comptons pas sur les responsables politiques pour nous donner l’exemple. Les bonnes mesures leur sont généralement imposées par la société civile.Certains parleront d'utopies. C'est peut-être parce qu'il leur manque l'espérance , moteur de ceux qui font bouger les choses. « Les pauvres ont-ils des droits? Recherche sur le vol en cas d'extrême nécessité » Voilà un titre qui va en interroger … et en inquiéter plus d’un. En tout cas, ce compte-rendu d’Olivier Chazy est riche d’enseignements. On y apprend qu’ au 12 ième siècle, on a inventé pour le pauvre ,qui précédemment n’avait aucun droit, une procédure, dite du « recours à l’office du juge », lequel pourra intervenir pour contraindre le riche. Huit siècles plus tard, Le concile Vatican II par la constitution Gaudium et Spes n° 69, en citant Thomas d’Aquin * va reprendre les dispositions après un vif débat, où certains ont tenté d’édulcorer le texte proposé. Et dans notre XXI ième siècle qui reste à inventer, sommes-nous seulement prêts à nous investir pour que les biens alimentaires de base soient interdits de spéculation. Ce sujet ,cheval de bataille de Jean Ziegler , membre du comité consultatif du conseil des droits de l'homme des Nations unies , est tenu dans la discrétion médiatique et politique. Voilà une idée,pourtant, d'une première révolution à opérer. * "Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples, en sorte que les biens de la création doivent équitablement affluer entre les mains de tous, selon la règle de la Justice inséparable de la charité » « Quand a celui qui se trouve dans l’extrême nécessité, il a droit de se procurer l’indispensable à partir des richesses d’autrui " « Si tu n’as pas donné à manger à celui qui meure de faim, tu l’as tué » A noter dans vos agendas: Journée mondiale du refus de la misère
Isabelle Deschard
Mes notes
Mercredi 2 juillet au soir,heure française, nous apprenons la libération, par l’armée colombienne de 15 otages des Farc. Et alors que nous nous attendions à l’apparition de visages et de corps fatigués, nous découvrons des gens à priori en bonne santé et pleins de dynamisme..
Vous me direz que ce n’est pas anormal. Comment en serait il autrement ? Ils viennent d’être libérés pour certains de plus de dix années de captivité éprouvante. Alors, bien sûr, l’attention des caméras s’est surtout portée sur Ingrid. C’est l’expression de son sourire, la force et l’expression qui se dégageaient de sa personne qui m’ont retenue, devant mon écran de télévision à cette heure tardive,et jusqu’au bout des trois quart d’heure de la conférence de presse qu’elle a donnée.. Je ne m’attarderai pas sur les remerciements ni sur les circonstances du sauvetage qu’elle n’a pas manqué d’énumérer et de raconter. Les médias et les politiques le feront bien suffisamment. Même pas sur ses qualités humaines que je savais déjà rares et naturelles, si ce n’est pour dire qu’elles ont visiblement atteint une dimension que seules l’épreuve et l’expérience sont capables de produire. Mais l’épreuve et l’expérience ne suffisent pas toujours, loin de là, à humaniser à ce point. Qu’est ce qui peut bien faire dire à Ingrid, qu’ « il faut respecter la vie des autres même si ce sont vos ennemis » ? Elle nous le révèle simplement en nous disant, à maintes reprises, qu’elle puisait sa force et son espérance dans la foi en Dieu et en la prière. Je sais bien qu’en France particulièrement, on se débrouillera pour éviter le sujet. Déjà, le lendemain matin, jeudi, le psychiatre invité sur France Inter, ne pouvant contourner le sujet, n’assimilait-il pas la foi d’Ingrid à une « idéologie politique ». La foi, une idéologie ? Oui, la religion quand elle est utilisée pour justifier des fins politiques ou mercantiles. Ce fut le cas, souvent, à travers l’histoire et c'est encore un travers dans lequel il est facile de tomber aujourd’hui, même chez les chrétiens. Ce même 2 juillet, la rue Jaffa, une des principales artères de Jérusalem, a été le théâtre d’un «attentat à la pelleteuse» perpétré par un travailleur palestinien, qui a lancé son véhicule à grande vitesse, sur plusieurs centaines de mètres, contre de nombreux passants, avant de «broyer» plusieurs automobiles et de «retourner» littéralement deux autobus. Ce massacre est bien le fruit de religions devenues « idéologies politiques ». L’idéologie est condamnée à batailler pour sa survie ou à disparaître. La foi que nous a révélée Ingrid n’a rien à voir avec cela. On a bien compris que c'est une source d'espérance et d'amour qui unit , équilibre et donne la vie.
Tout le monde savait que les irlandais diraient non au Traité de Lisbonne comme les Français l'auraient à nouveau fait et sans doute aussi la plupart des pays de l'UE s'ils avaient été interrogés dernièrement par référendum.
Comment en aurait-il été autrement ? Pour qu'il n'en soit pas ainsi, il faudrait vibrer un minimum pour l'Europe. Vous en rencontrez beaucoup de français qui s'intéressent à son devenir au point de vous en dire du bien, d'en faire un sujet de conversation aimable ? Pourquoi les Irlandais feraient-ils mieux ? Les subsides européens reçus à profusion pour les sortir du sous-développement économique ont atteint leurs objectifs même si, aujourd'hui, comme tous les pays du monde, l'Irlande, traverse des difficultés économiques. Mais l'erreur a été de tout miser sur l'Europe économique, comme si l'argent rendait généreux ! On a pourtant des siècles d'expériences humaines qui nous expliquent le contraire. Il amène le confort, voire le pouvoir et l'égoïsme mais très peu le partage. La parabole évangélique est plus que jamais d'actualité : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille, que pour un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu » (Math 19-24). En Irlande, ce pays très catholique où l'on aime chanter et festoyer, on ne sert pas les gens de couleur dans de nombreux pubs ! Et ne croyons pas que c'est une exception. Quant aux rixes entre irlandais et polonais, elles sont loin d'être un jeu d'enfants. On a tellement peur que les « étrangers » vous prennent votre travail, vous dépouillent de votre culture ! Après le référendum français de 2005 qui a permis, enfin, des débats démocratiques et révélé l'incompréhension entre les élites et le peuple, on aurait pu continuer de parler d'Europe aux français. Je me souviens que c'était le vœu du ministre des Affaires Etrangères de l'époque. Mais on aura encore raté le coche. Les associations de terrain qui avaient commencé un travail prometteur, se sont découragées, faute de subsides. Aucune émission pédagogique sur l'Europe programmée sur les chaînes nationales. Il faut, - et encore ! , un fait divers bien terrible, pour qu'on sache ce que vivent nos voisins européens. Quant aux élus, qu'est-ce qu'ils peuvent bien dire à leurs concitoyens sur l'Europe ? Interrogez-les et vous verrez que la réponse est « pas grand-chose » si ce n'est " rien". Toutes ces raisons participent au fait que les Français eux-mêmes ne se sentent pas concernés par la présidence de l'UE qui revient dans quelques jours à leur pays. Une présidence dont l'Europe n'a pas à attendre grand-chose. Il y aura bien entendu quelques rencontres culturelles qui resteront la plupart du temps inconnus du grand public. Le temps qu'on préside des colloques entre privilégiés et les six mois seront déjà passés. On veut faire une Europe politique démocratique mais on s'est visiblement trompé de plan d'action. Un élargissement trop hâtif, le problème des langues si présents dans le questionnement des citoyens européens et qui n'obtient aucune réponse, des décisions incomprises et imposées par le haut, ... autant de freins qui font que l'UE s'embourbe dans l'inextricable. Elle aura bien du mal à s'en sortir en respectant les règles démocratiques. Ne parle t'on pas déjà de passer outre le non irlandais ? C'est ainsi que l'on fait le lit des souverainistes, conservateurs ou idéologues de tous bords qui posent souvent les bonnes questions et ont toute latitude, en amalgamant le vrai et le faux, de profiter de l'ignorance des citoyens . Face à cette guerre des pour et des contre, nous pourrions bien avoir les meilleurs spécialistes, des partis politiques enfin européens ( ce n'est plus tout à fait un rêve : cf l'exemple de Newropeans, premier mouvement politique transeuropéen *) que cela ne suffirait pas encore à éveiller une conscience européenne en chacun de nous. Pour cela il faudrait des créateurs de liens. On en manque cruellement et quand il s'en présente devant nous, quel accueil leur fait-on ? Un exemple. Il y a quelques mois, un de mes amis, professionnel de la communication, a eu une idée très originale dont je ne peux vous révéler encore la teneur. Une idée capable d'éveiller un peu plus la conscience européenne. Des équipes commençaient de travailler sur le sujet avec beaucoup d'enthousiasme. Tout était prévu. Les encouragements de commissaires européens n'ont pas manqué. Je peux témoigner du bon accueil reçu dans les bureaux des ministères où il m'avait demandé de l'accompagner. Mais aux dernières nouvelles, son idée est en passe d'être récupérée par plus puissant que lui. Encore un citoyen porteur d'initiatives qu'on aura sacrifié sur l'autel de l'élitisme politique et de la finance. * Newropeans est le premier mouvement politique transeuropéen à se présenter aux élections du Parlement européen dans plusieurs états-membres en 2009. Son objectif est de démocratiser l’Union européenne et de renforcer le rôle de l’Union européenne dans le monde. Depuis mai 2008 Newropeans a lancé officiellement sa campagne électorale en Allemagne, Italie, Pays-Bas et, en France. Après une campagne active durant l’été 2008 sur les plages européennes, la campagne sera également lancée dans les autres pays européens. En savoir plus
D'après Joseph Spiglitz, Prix Nobel d'économie en 2001, il ne s'agit pas de " Travailler plus pour gagner plus" mais de "travailler plus efficacement pour accroître la productivité". C'est ce qu'il a dit ce jeudi 15 mai à France Inter , dans une passionnante interview .
C'est notre style de vie que les pollueurs et mauvais consommateurs que nous sommes devront changer: utilisations des transports publics, ... Pour JS qui pense qu' " il faut écouter ce que veulent les citoyens" , le problème n'est pas de se débarrasser des 35 heures mais de rechercher les moyens d'augmenter la qualité de vie en étant plus efficace. Le PIB ne mesure pas la qualité de la vie en général et notamment la valeur des loisirs. La façon dont on mesure le progrès serait donc erronée. La droite française aurait sous estimé l’importance du secteur public alors qu’il y a un bon système de transports, de bonnes écoles, autant d’éléments essentiels sur la santé à long terme d’une société .Il y aurait donc confusion entre l’inefficacité et l’importance de ces services publics. "Il faut être plus efficace dans la fourniture des services publics mais le niveau d’investissement doit être augmenté. Le plus grand retour sur investissement que nous avons mesuré a été sur la recherche dans le secteur public, Internet a été fondée sur une recherche soutenue par le gouvernement. Cela a été une révolution dan notre société. Les événements dans la santé publique ont pu se faire grâce à des fondations financées par le gouvernement. Réduire l’investissement dans la recherche est une très grande erreur. Mais il faut s’assurer que chaque chose soit faite de manière efficace " Et de conclure: " Si Sarko fait ce qu'il dit, on va produire plus de pollution" Tout cela, Joseph Spiglitz va devoir l'expliquer à Nicolas Sarkozy, qui lui a justement confié la mission de mesurer le concept de Bien -Etre en économie. En attendant, je vous invite à lire son tout dernier livre : "Une guerre à 3000 milliards de dollars" (éd Fayard, sortie 7 mai 2008)
Lire aussi l'article plus complet sur l'interview de Joseph Stiglitz : Joseph Stiglitz : une guerre à 3000 milliards de dollars
Isabelle Deschard
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15/05/2008
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A en croire les images nous venant de Chine, à entendre et lire surtout les commentaires des médias qui louent la « transparence » du gouvernement chinois dans sa manière de suivre les secours et dénombrer les victimes du terrible séisme qui vient de secouer le pays, on pourrait presque en conclure que les droits de l’homme, c’est pour aujourd’hui.
Même si l’on a besoin de rêver, il me semble pourtant qu’il ne faut pas aller trop vite. Car après tout, voilà un événement dramatique qui vient à point pour permettre à la Chine de se composer une image rassurante aux yeux de la communauté internationale, l’occasion de faire croire qu’elle est « comme les autres », ces états démocratiques où vous avez le droit, sans danger pour vous-même ou votre famille, de manifester votre désaccord avec le plus fort ou de pratiquer votre religion. Rien de tel dans ce pays qui va recevoir bientôt les Jeux Olympiques. On y est encore emprisonné pour délit d’opinion ou de religion, mis au banc de la société pour « un enfant de trop ». Souvenons-nous: il y a seulement quelques jours, des condamnations à perpétuité ont été prononcées contre les manifestants de Lhassa… ! Et d’ailleurs qu’attend Pékin pour conseiller à ses amis de Rangoon, en Birmanie, de faire eux aussi preuve de « transparence », en accueillant les équipes d’experts et d’humanitaires étrangers dans les zones dévastées ? Encore faudrait-il que l' exemple soit donné par la grande sœur. Nous verrons bien. Mais à priori, comme pour la Birmanie, la Chine veut bien de l’aide internationale matérielle, mais pas de l’envoi d’équipes. Bref, le beurre, mais pas l’argent du beurre. De quoi donc ont -ils bien peur ? Cependant, il est bon de laisser toujours une porte ouverte. Cela s’appelle restez positif. C’est ce que préconisait Irina Spendler , en ajoutant « Soyez seulement juste, altruiste et humble ». Elle vient, à 98 ans, de quitter ce monde. Pratiquement inconnue en France, les polonais dans leur ensemble ont seulement découvert depuis quelques années cette compatriote héroïne qui avait sauvé 2500 enfants juifs d'une mort certaine . Il est bien vrai qu’on n’est pas prophète en son pays. Elle était de la trempe d’une Rosa Parks et d’une Christiane Singer, toutes femmes d’exception par leur capacité à résister quand il le faut, alimentée par une pensée et une modestie profonde. Des femmes et des hommes comme elles, nul doute qu'il y en ait aujourd'hui en Chine et en Birmanie. Un jour viendra où nous en découvrirons quelques visages.
Isabelle Deschard
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13/05/2008
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C’est au sein de l’Europe qu’évoquer l’ « identité nationale » a sa raison d‘être.
Ce que l’on fait naturellement chaque fois que l’on veut marquer les caractéristiques d’un pays par rapport à un autre. Si l’Europe s’organisait pour gommer les identités, on comprendrait que les pays résistent en se dotant, pourquoi pas, d’un ministère de l’identité nationale. Je n’ai pas vérifié si la Pologne a un tel ministère mais cela pourrait se concevoir, vu les propos du Président actuel, M. Kaczynski, lorsqu’il déclare qu’au sein de l’UE, « il est normal que chaque pays défende le système qui lui est le plus avantageux ». Il s’agit surtout pour lui de bénéficier des fonds européens sans apporter de pierre à la construction commune.
Rassurons-nous. Ceux qui pratiquent l’Europe au quotidien sont conscients des progrès qu’elle doit encore accomplir dans de nombreux domaines mais peuvent témoigner que loin de réduire les identités, elle en encourage au contraire la valorisation et s’en enrichit.
Les 7 français sur 10 qui se disent fiers d’être européens n'ont pas de crainte à cet égard puisque 91 % de ces mêmes sondés affirment aussi qu’ils sont fiers d’être français. Dieu merci, il y a des hommes et des femmes, et parmi eux de nombreux polonais, qui s’ouvrent à une toute autre conception de l’Europe. Ce sont ceux là, qui préparent non pas l’européisme mais l’identité européenne de demain. Faudra t’il pour autant doter l’UE d’un ministère de l’ « identité européenne » ? Prendre le risque de l’épuiser dans des débats entre ceux qui la conçoivent comme figée dans son histoire et ceux qui veulent la faire évoluer sans ses racines ? Dans les deux cas d’ailleurs, cela revient à considérer que les racines ne donnent que de mauvaises herbes. Ne faut-il pas au contraire faire un peu plus confiance à la nature et laisser cette identité se fortifier et se révéler sans « désherber » systématiquement les nouvelles pousses ? En France, on parle en ce moment d’associer un ministère de l’immigration à celui de l’identité nationale. Que pour acquérir la nationalité de son pays d’accueil, un immigré s’engage à en respecter le contrat social - lois, règlements, civisme, laïcité,... - c’est une nécessité désormais bien partagée. Qu’il le fasse au sein d’une cérémonie publique qui officialise l’accueil réciproque c’est encore mieux. C’est le sens de ce que l’on appelle l’intégration. Je ne souhaite pas tomber dans le jeu d’un systématisme partisan. Mais dans un pays comme la France, l’ « identité » a facilement, sinon d’abord, une autre connotation. On l’assimile à l’identité culturelle ou religieuse. Or on sait bien que ceux qui en parlent le plus pensent qu’elle était gravée dans le marbre avant la Révolution ou au mieux lui accordent quelques décennies supplémentaires. Le respect du contrat social ne leur suffit pas. Ils posent à un immigré, comme condition à son intégration, la rupture avec sa propre culture. Ils oublient ou veulent ignorer qu’en réalité l’histoire accompagne notre identité, vouée comme elle à évoluer, s’enrichir et changer de visage. Il en est comme de l’identité européenne . Je suis le même individu que celui de la photo de ma carte d’identité mais dix ans après, il vaut mieux que je la renouvelle pour que l’on me reconnaisse. Cela n’est encore rien à côté de ce qui est pour moi essentiel : il y a de fortes probabilités que je ne sois pas la même personne que celle que j’étais il y a dix ans. Au fur et à mesure de mes rencontres, selon les amitiés que j’ai liées, les engagements que j’ai pris, ma capacité à ouvrir mon cœur et mon intelligence, mes repères culturels et humains se sont élargis. Maints exemples comme celui-ci peuvent être donnés. Ce qui est vrai à l’échelle personnelle l’est aussi à celle de mon pays. « Veillez à la culture de votre nation. C’est ce qui fait en l’homme l’humain » rappelait JP 2 à l’Unesco * La culture de ma nation a désormais une spécificité interculturelle. C’est son identité d’aujourd’hui. L’accepter, c’est préserver la paix sociale. S’en réjouir, c’est déjà participer à sa progression. Ne prenons pas le risque de nous déshumaniser. * Discours de l’Unesco 1980 PrésentationVoici quelques lignes de présentation qui ont été publié sur le blog des Municipales que Pelerin.info m'avaient demandé d'animer durant toute la campagne.
1- Qu’est- ce qui vous a conduit à vous intéresser autant à la politique ?
Dans le pays ou les mots « politique » et « chrétien » ne font pas toujours bon ménage, c'est justement ma rencontre avec le christianisme qui m'a conduit à porter un autre regard sur les gens qui sont autour de moi. Il devenait naturel que je m'intéresse à ce qui les préoccupe. J'avais dix huit ans lorsque j'ai découvert l'enseignement social de l'Eglise catholique. Un enseignement qui vous met sur la piste essentielle de l'homme dans son humanité- sans vous indiquer le comment. Puis il y a eu des rencontres avec des gens très divers, et enfin un désir de justice et de vérité qui bout toujours en moi. Je crois qu'il faut être un peu « révolté » pour s'engager en politique.
2- Pourquoi avoir crée l'Alliance Avec les Chrétiens en Politique ?
En 1996, il s'agissait de penser à « réhabiliter la politique » *. On entendait tout et n’importe quoi sur la politique et surtout sur les hommes politiques. Je pense qu'à trop dénigrer la politique, on se met en danger d'incivisme et d’individualisme. Les élus, par leur comportement, ont une grande responsabilité dans ce domaine. C'est pourquoi, il est bon qu'ils soient confrontés à leurs propres motivations et contradictions. Il n'est pas question d'évangéliser le monde politique, mais de donner un sens profond à l'engagement. L’ACEP, c'est une « alliance avec » les chrétiens en politique. Aujourd'hui, on y propose à travers, notamment, une plate-forme Internet , une réflexion chrétienne et humaniste de l'action politique, des rencontres et des liens ente les élus ainsi qu'avec les électeurs et les différents mouvements, institutions et responsables de la société civile, un engagement concret en politique par une diversité d'actions et de formations spécifiques. *l'expression est le titre de la Déclaration de la Commission Sociale de l'Episcopat de 1999
3- Etes-vous élue ? Où vous préparez-vous à l’être ?
Ma responsabilité au sein de l'ACEP , où se retrouvent des gens apolitiques et de différents partis- m'oblige moralement à ne pas briguer de mandat. Je ne le regrette pas même si je n'ai pas fait voeu d'abstinence pour l'avenir. Mais pour moi la politique n’est pas le fait des seuls élus. C'est à nous tous que les affaires du monde ont été confiées. On fait de la politique, même sans le savoir. C’est pourquoi, tout en reconnaissant la légitimité des élus, je revendique aussi la reconnaissance, dans le cadre démocratique, du travail et de la responsabilité de tous les acteurs de la société. Or dans ce domaine, les élus comme les citoyens ont encore du chemin à parcourir. C'est le message sous-jacent de l'ACEP et celui aussi du Forum Civique qui, sans être une association chrétienne, a à coeur, dans ses propositions de formation, la collaboration intelligente entre les compétences de la société civile et les institutions.
4- Qu’est- ce qui vous plaît le plus dans cette relation avec le monde politique ?
La première chose qui me vient à l'esprit, c'est la diversité des hommes et des femmes que j'y rencontre. Qu'ils soient de droite ou de gauche, croyants ou incroyants, je n'aurai pas la naïveté de dire que tous ont une motivation exemplaire. Mais tous ont éprouvé, à un moment donné, la première flamme de l'engagement. Il me plaît d'essayer de la faire revivre. J'aime aussi la confrontation des idées même si je pense souvent qu'il faudrait y travailler l'éthique de la discussion. Je crois que la politique telle que je la « pratique » m'a aidée à grandir non seulement humainement mais spirituellement. En m'obligeant à aller au-delà de mon territoire, de mes préoccupations personnelles, j'y expérimente la vitalité du message évangélique.
- Où voulez vous nous emmener grâce à votre blog ?
Isabelle Deschard
30/04/2008
Mes notes
D’après les messages que nous recevons, nombreux sommes-nous à nous poser des questions quant aux échauffourées lors du passage de la flamme olympique à Paris, jeudi 7 avril.
Celle qui revient le plus concerne l’ardeur mise pas les forces de police française à arracher, souvent avec violence, les drapeaux tibétains. Pourquoi cet acharnement ? D’où venaient les ordres ? Etait –ce du service d’ordre chinois, qui semblait avoir tous les pouvoirs ce jour là, dont celui d’éteindre la flamme au moment où il n’y avait même plus d’agitation. A qui d’autres pourrait donc faire peur ce drapeau ? C’est pourtant bien ce même drapeau tibétain qu’ont déployé sur le fronton de l’assemblée nationale certains parlementaires. « Un mauvais coup pour la France ». C’est ce qu’a affirmé Bernard Laporte, secrétaire d’Etat chargé des Sports, ce même jour, au 20H de France 2. Si l’on ne savait nos hauts responsables politiques obligés à l’exercice diplomatique, on aurait de quoi avoir honte d’une telle déclaration. C’est avant qu'il aurait fallu anticiper les événements en ne choisissant pas , pour accueillir les Jeux olympiques - symbole d' harmonie, de paix et de liberté- un pays où sont confisquées, pour ne parler que d'elles, liberté de la presse et religieuses. Que disent-ils aujourd'hui ceux qui nous expliquaient , qu' à la faveur de ce choix, les droits de l'homme progresseraient forcément en Chine? Car six ans après ce choix contestable, c'est tout le contraire qui se passe. Au fond de nous, nous le savons bien. C’est le silence des défenseurs des droits de l’homme qui aurait été un mauvais coup. Le signe que la démocratie dont jouissent nos sociétés occidentales ne fabriquerait que des pleutres et des égoïstes. Je suis, pour ma part, fière et solidaire de cette chaîne de protestation qui se propage de continent en continent. Certains s’inquiètent des appels au boycott des produits et services français de la part des internautes chinois Pourtant, même dans nos pays qui mettent en avant les droits de l’homme, l’argent ne semble pas avoir beaucoup d’odeur ? Comment en aurait-il moins encore dans ceux qui font le pari de la réussite économique sans la liberté ? Ces derniers jours, on a beaucoup parlé de développement durable. C’est une nouvelle croissance qui se fait jour, à l’échelle mondiale : « réconcilier la rentabilité financière et la responsabilité vis à vis des générations futures »* En France, on en est encore au B a - ba et on ne l’appréhende bien souvent que sous l’angle de la protection de l’environnement. Mais cela va bien au-delà. Il s’agit aussi de faire grandir ensemble le social et l’économie, la performance et les droits de l’homme. Pas de développement vraiment durable sans cette espérance. *Rapport Attali
Isabelle Deschard
Le blog des municipales
Lamentable entre deux- tours. C’est un terme bien faible pour qualifier les manœuvres, coups bas, attaques dont des candidats ont fait preuve sans complexes apparents, dans les grandes villes notamment. Comment répondre à tous ces messages qui en disent long sur l’écoeurement des électeurs et notamment à cette dame qui m’écrit ceci « Vous nous dites que l’idéal politique existe. Quand vous voyez ces candidats qui se dénient et se déchirent pour un bout de pouvoir, continuez-vous d’y croire ? »
Ils ont bien raison d’être en colère. C’est aussi ce qu’ils ont voulu manifester, que ce soit en s’abstenant encore plus qu’au premier tour (*) ou dans les urnes, n’en déplaise aux personnalités invitées sur les plateaux de télévision qui se gardent bien d’invoquer ce point dans leur interprétation des résultats. On parle d’“équilibrage et d’appel à continuer les réformes pour les uns”, de “sanctions” pour les autres. Surtout, on retombe aussitôt dans le mauvais travers de la dialectique politicienne. Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Que répondre à cette dame sinon que c’est maintenant que tout commence. Travaillez avec vos élus. Ils ont suffisamment argué de l’intérêt qu’ils vous portent et de leur attachement à la « démocratie participative ». Les projets qui vous intéressent étaient aussi les leurs. Saisissez la balle au bond. Rejoignez une association, créez en une s’il le faut. Ce sont elles qui sont à la base des meilleurs projets. Mais ne les laissez pas tranquilles. Faites-le avec intelligence et doigté. S’il le faut, apprenez à mieux communiquer. Ne tombez pas dans le travers de la critique systématique. Pratiquez l’éthique de l’écoute et de la discussion. Soyez positifs. Penchez vous sur les dossiers. On ne défend bien que ce que l’on connaît. En bref, ne faites pas comme beaucoup de français qui « s’en lavent les mains » au lendemain du deuxième tour. Ce sont eux qui fabriquent « les princes » de la politique. Pourtant, ils sont bien rares ceux qui n’ont pas éprouvés la première flamme de l’engagement. N’attendons pas les prochaines élections pour essayer de la faire revivre. Et pensons aussi à entretenir la nôtre ! (*) Abstention : 34,80% (chiffre définitif) |
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