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Mondialisation

Une mondialisation qui profite à tous

Synthèse réalisée par Guy Lohéac d’après le rapport du Conseil Economique et Social ( France ). Editions des Journaux Officiels. 2005, intitulé « Vers une mondialisation plus juste »



A l’aube du XXIème siècle, la nouvelle mondialisation, avec la démultiplication des échanges, l’émergence des géants d’Asie et la prégnance des questions environnementales, fait apparaître que, d’un pays à l’autre, les injustices sont criantes, que les risques sont majeurs, mais que les chances sont également bien réelles. Car cette mondialisation éveille désormais en chacun la conscience d’appartenir à une communauté mondiale interdépendante et pose en des termes nouveaux la question sociale qui est devenue mondiale : les sociétés civiles, les Etats et les Institutions Internationales doivent s’y adapter … et faire de la mondialisation un processus juste qui profite à tous.

la Commission mondiale de l’Organisation Internationale du Travail ( OIT ), propose un horizon mobilisateur : « Faire de la mondialisation un processus juste qui profite à tous. » en préconisant un vaste dialogue à l’échelon planétaire en tant qu’instrument de changement.

Humaniser la Mondialisation, c’est faire le choix d’une mondialisation où la croissance et la répartition des richesses servent le développement humain, juste et durable, garant de la paix. Cette politique doit s’inspirer des valeurs de liberté, de responsabilité et de solidarité qui trouvent leur source dans l’intangible dignité de chaque personne.
Cette ambition de permettre un développement humain durable pour tous les peuples n’est-elle pas le grand défi du siècle, dans toutes les dimensions de notre humanité, économiques, sociales, environnementales, culturelles et spirituelles ? N’est-elle pas susceptible de mobiliser la société civile et de donner sens à l’action politique ? Notre pays se doit de la promouvoir au nom de la fraternité qui, avec la liberté et l’égalité, donne à sa devise une portée universelle.
( CES, France, 2005 )

Dans son rapport à l’Organisation International du Travail ( OIT ), la Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation affirme : « Des richesses sont créées mais elles ne sont d’aucun profit pour trop de pays et trop de personnes. Faute d’avoir suffisamment voix au chapitre, ils ne peuvent guère influer sur le processus. Pour la vaste majorité des femmes et des hommes, la mondialisation n’a pu répondre à deux aspirations, simples et légitimes, à un travail décent et à un avenir meilleur pour leurs enfants. » Le développement de la pensée humaine doit être au cœur de la mondialisation, comme acteur et comme but … En apportant sa part d’un monde plus juste, chacun pourra trouver son propre épanouissement et des raisons de vivre … la mondialisation est un fait, elle peut et doit être un bienfait pour l’humanité portée par le respect de valeurs.

Par lettre du 15 juin 2004, le Premier Ministre français a saisi le Conseil Economique et Social d’un avis sur le rapport de la Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation créée par le Conseil d’administration du Bureau International du Travail ( BIT) en novembre 2001 : « Pour répondre aux besoins de tous ceux qui doivent faire face aux changements sans précédent que la mondialisation a introduit dans leur vie et dans celle de leurs familles ainsi que dans la société. »
Le Conseil Economique et Social français y a répondu par un avis adopté le 23 février 2005 dont on trouvera ci-après une brève synthèse. On peut obtenir ce rapport complet en s’adressant aux Editions des Journaux officiels : « Avis et Rapports du Conseil Economique et Social - Vers une mondialisation plus juste – 2005 Avis présenté par M. Alain Deleu – Les Editions des Journaux Officiels «

Le Conseil Economique et Social français retient la Conclusion suivante : « L’appel de la Commission mondiale concerne notre pays, aussi bien dans la société civile que dans ses autorités politiques nationales et territoriales. Il concerne aussi l’Union européenne, qui concrétise l’ambition de la solidarité à l’échelle du Vieux Continent, et dont l’inspiration humaniste la situe en première ligne de l’action pour une mondialisation juste. »

Pour répondre au défi d’une mondialisation plus juste qui profite à tous, le Conseil Economique et Social français ( CES ) préconise, dans son rapport, une mobilisation de la société civile, des actions concrètes et immédiates pour assurer un développement humain durable mais également à plus long terme des réformes du système multilatéral.

En s’inspirant de nombre de ses travaux antérieurs, le Conseil Economique et Social propose une dynamique de l’action, du local au global, dans laquelle le débat est le moteur du changement. Les grandes lignes de ses propositions sont les suivantes :

Les actions concrètes que la France et l’Union européenne peuvent entreprendre dans le présent :

1. Mener une action très volontariste en matière d’ éducation et de formation, notamment par une meilleure complémentarité entre les modes de formation, et renforcer l’enseignement supérieur et la recherche ;
2. Inscrire la politique de l’emploi dans l’objectif du « travail décent » défini par l’OIT ;
3. Accroître l’aide publique française pour le développement et continuer l’action pour rallier la communauté internationale au principe de la levée de nouvelles ressources au niveau international ;
4. relancer le processus de Lisbonne , créer un brevet européen, harmoniser le droit fiscal, social et financier pour les entreprises innovantes et promouvoir des universités de dimension européenne ;
5. Lancer le pacte européen pour la jeunesse ;
6. Mobiliser les fonds structurels en faveur des politiques d’emploi et de soutien à l’innovation dans les nouveaux Etats membres, et soutenir le renforcement des partenaires sociaux dans ces pays ;
7. Intégrer systématiquement dans les accords de coopération, d’association ou de libre échange, des clauses de respect des droits de l’homme et des stratégies de lutte contre la pauvreté ;
8. Incluse les politiques européennes de gestion des flux migratoires dans les politiques globales de coopération au développement ;
9. Encourager l’application des normes fondamentales du travail grâce à un Système de préférence généralisée ( SPG ) rénové qui tienne compte d’indicateurs de pauvreté et de développement ;
10. Valoriser l’aspect multifonctionnel de l’ agriculture , affirmer le droit à l’autosuffisance alimentaire et promouvoir une régionalisation de la mondialisation préservant le Traitement spécial et différencié ( TSD ) pour les pays les plus vulnérables ;

Les propositions de réforme du système multilatéral susceptibles de changer le cours de la mondialisation

11. Créer au niveau français une structure de coordination interministérielle à l’image d’une SGCI aux compétences étendues, qui coordonnerait les positions françaises au sein des institutions multilatérales ;
12. Mettre en place au niveau européen des groupes de travail qui coordonnent les positions des Etats membres ;
13. Faire une place plus importante aux pays en développement dans les organes de décision des institutions multilatérales ;
14. Rééquilibrer l’autorité et mieux coordonner l’action des organisations internationales en renforçant le dialogue entre elles et les moyens d’actions d’institutions comme l’OIT ou l’OMS, dans une approche intégrée du développement ;
15. Aller vers la création d’un Conseil de sécurité économique et social ;
16. Valoriser le rôle de l’OCDE et ouvrir le G8 à de nouveaux partenaires en faisant du développement un point permanent de son ordre du jour ;
17. Mettre en place une Organisation mondiale de l’Environnement ;
18. Garantir la transparence , aussi bien pour les institutions que pour les ONG et définir pour celles-ci une procédure d’accréditation auprès des institutions internationales qui repose sur des critères acceptés par tous ;
19. Faire en sorte que les institutions internationales puissent dresser un bilan qualitatif et quantitatif des actions menées par les ONG dans le cadre des programmes de développement ;
20. Associer les Conseils économiques et sociaux au travers de l’ AICESIS .

La mobilisation de l’opinion et des forces vives de notre pays par le dialogue et le débat constructif, pour faire d’une mondialisation plus juste l’affaire de tous

21. Encourager la responsabilité sociale des entreprises , par le respect des normes élaborées par les institutions internationales et les autorités nationales ou régionales, la négociation collective et la promotion des expériences d’investissement socialement responsable et des bilans sociaux et environnementaux des entreprises ;
22. Améliorer les procédures de suivi des principes directeurs de l’OCDE et de la déclaration de principes tripartite de l’OIT sur les entreprises multinationales et la politique sociale, notamment grâce à une labellisation du respect des Normes fondamentales du travail ( NFT ) ;
23. favoriser les partenariats publics-privés pour le développement ;
24. Valoriser la diversité des formes d’organisation économique, en favorisant les formes artisanales et libérales, la coopération et l’économie sociale ;
25. Soutenir les initiatives économiques éthiques : commerce équitable, commerce éthique, micro-crédit ;
26. Impliquer les Conseils économiques et sociaux régionaux dans la définition et le renforcement des liens entre collectivités territoriales françaises et étrangères ;
27. Soutenir l’action des réseaux des maires ;
28. Promouvoir des débats décentralisés et constructifs sur la dimension sociale de la mondialisation, au plus près des réalités locales, faisant l’objet d’un suivi et d’une évaluation périodique, par l’engagement du CES et des CESR ;
29. Mobiliser le système éducatif et sensibiliser les jeunes aux enjeux de la mondialisation ;
30. Diffuser dans les médias les éléments d’un débat éclairé, dépassionné et constructif.

Des questions qui mériteraient d’être approfondies

· La valorisation de la diversité des formes d’entreprendre permettant de faire face à l’ensemble des besoins ;
· La mise en œuvre du concept de travail décent dans l’Union européenne, y compris en ce qui concerne l’interdiction du travail des enfants ;
· La responsabilité sociale des entreprises et l’investissement socialement responsable ;
· Le développement du commerce éthique et le rôle des consommateurs ;
· La coopération sanitaire internationale ;
· Le renforcement des moyens juridiques des institutions spécialisées relevant du système des Nations Unies ( OIT, OMS ) et leur coopération avec les institutions de Bretton Woods…

Plus globalement

Le Conseil Economique et Social sera attentif à la réalisation des engagements qui ont été pris au niveau européen, y compris à propos de la stratégie de Lisbonne, et au niveau international, notamment ceux de la déclaration du Millénaire des Nations Unies concernant la réduction de la pauvreté. Les propositions du rapport de la Commission mondiale pourraient d’ailleurs être mises en synergie avec les Objectifs du Millénaire, notamment celles qui ont trait au travail décent.

Le désastre provoqué dans l’océan Indien par le séisme du 26 décembre 2004 a avivé cette perception … que tout pouvait séparer l’instant précédent, mais provoquant d’innombrables gestes de solidarité en reconnaissance d’une égale dignité humaine.
Cette montée des consciences appelle les dirigeants et les peuples à dépasser les peurs et les affrontements pour donner de plus en plus de consistance à la démocratie mondiale et à la solidarité.

La seule compétition qui vaille est celle du développement de tous, dans l’attention prioritaire aux plus faibles … et l’économie mondiale dispose des moyens techniques et financiers nécessaires pour mettre en œuvre une stratégie de développement universel. Ce n’est qu’affaire de volonté.

Lundi 14 Mars 2005 - 11:09



1.Posté par blokhine@caramail.com le 28/07/2005 17:30
Vouloir "umaniser" la mondialisation c'est impossible; cela est comme vouloir humaniser une idéologie totalitaire. N'oubliez pas que le libre-échange lorsqu'il est intégral est issu de l'ultra-libéralisme. Or lorsqu'on est véritablement chrétien on doit le combattre. Etre partisan d'un capiutalisme social oui; d'un libre échange intégral destructeur d'emplois, non !

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