« Trop de déchets.Que faire pour un environnement durable? »
Par Jean-Luc Galliot
Ce texte est la conférence donnée le 16 octobre 2004 ,lors de la Première Rencontre régionale de l'Amitié politique de l'ACEP de la région Centre par Jean-Luc Galliot Président de l'association Touraine Propre ,Maire de Notre-Dame-d'Oé ( région Centre)
L'activité des déchets
1. En quoi consiste l'incinération des déchets ?
L'incinération est un procédé efficace pour valoriser énergétiquement les déchets ménagers. Le procédé s'applique sur les déchets qui n'ont pas été dirigés à la source vers les filières de recyclage et sur les refus de ta valorisation matière et organique.
2. Qu'est-ce que la valorisation des déchets ?
« Réemploi, recyclage ou toute autre action visant à obtenir à partir des déchets des matériaux réutilisables ou de l'énergie. » Source ADEME-Les déchets en France
3. La valorisation matière peut-elle être associée à l’incinération ?
Il peut paraître surprenant de parier de valorisation matière pour l'incinération, procédé auquel on associe naturellement la valorisation énergétique. Les résidus solides produits par la combustion des déchets représentent cependant 25 à 30% du tonnage incinéré. Ces résidus comprennent environ 80% de mâchefer et 20% de métaux ferreux et non ferreux. Il existe donc une valorisation matière qui permet de réutiliser les éléments constitutifs des déchets et une valorisation énergétique par incinération des déchets et récupération de l'énergie dégagée.
4. La mise en place de collectes sélectives a-t-elle eu un impact sur le pci (pouvoir calorifique inférieur/quantité d'énergie dégagée quand on brûle un kg de produit)?
La mise en place de collectes sélectives a eu un impact sur les quantités et la composition des déchets. Les quantités de déchets récupérés sélectivement représentent environ 10 % des déchets produits en France. L'impact exact sur le PCI est difficile à quantifier, car le PCI des déchets évolue dans le temps et suivant les saisons. Globalement, une collecte de papiers ou plastiques fait baisser le PCI, celle de verre, de métaux ou de matière organique le fait monter.
5. le tri est-il préférable à l’incinération ?
Les filières sont complémentaires. Un unique modèle ne saurait convenir à toutes les situations. L'optimum environnemental dépendra des conditions locales à savoir la densité de population, réseau de transport, débouchés pour les produits récupérés, potentiel polluant des alternatives. Source Valeurs vertes
6 . L’incinération va t-elle à l’encontre du développement durable contrairement au tri ?
L'incinération contribue significativement à la préservation des ressources de la planète (les combustibles fossiles : charbon, pétrole, gaz), tant sous forme d'énergie que de matière. Brûler les déchets libère de l'énergie qui peut être utilisée sous forme de chaleur ou d'électricité. Des mâchefers sont extraits des ferrailles, et de l'aluminium qui sont recyclés. Les mâchefers déferaillés après maturation sont utilisés en technique routière.
7. Le choix de l’incinération empêche t-il le développement du tri ?
L'incinération s'intègre dans le cadre d'un processus global de gestion des déchets qui comprend différentes étapes : collecte sélective, recyclage, compostage, ' incinération, mise en décharge des résidus ultimes. Le plan départemental doit donc prévoir des filières complémentaires de traitement des déchets.
8- LES UIOM POLLUENT-ELLES ?
Fin 2005, tous les incinérateurs, seront soumis à de nouvelles « normes », toujours
plus strictes en matière de rejets et de protection de l'environnement. Pour tes dioxines, par exemple, grâce aux nouvelles normes européennes : les incinérateurs devront rejeter moins de 0,1 ng TEQ/ Nm3 . Ils émettront bien moins de dioxines que les feux domestiques. Plusieurs usines françaises respectent déjà cette nouvelle réglementation.
9- Pourquoi valoriser les mâchefers, n’est-ce pas un produit toxique ?
Une réglementation existe, qui définit les conditions de valorisation des mâchefers. Ceux-ci représentent entre 20 et 25% du tonnage brûlé. Le niveau de pollution des mâchefers est mesuré à la sortie des fours. Il permet de définir 3 catégories de mâchefer : Mâchefers « V » : directement valorisables, Mâchefers »M » : nécessitant une période de maturation (stabilisation chimique) Mâchefers « S ». non valorisâmes, mis en centre d'enfouissement technique de
catégorie 1. Les mâchefers «V» et «M» se substituent aux produits de carrière pour la construction, notamment de sous-couches routières. Cette valorisation évite d'avoir recours aux matériaux naturels prélevés dans tes rivières ou dans tes carrières.
10. Les fumées abondantes que l’on voit sortir des cheminées sont-elles la preuve que les usines polluent notre atmosphère ?
La visibilité du panache est due à la condensation de la vapeur d'eau contenue dans tes fumées. Cette eau provient du lavage des fumées. Les fumées sont épurées par un procédé humide (lavage) avant d'être rejetées dans l'atmosphère selon la réglementation en vigueur.
11. L’incinération des déchets contribue t-elle à la réduction de l’effet de serre ?
L'incinération a une incidence positive sur l'effet de serre. S'il est vrai que l'incinération des déchets, notamment des plastiques, peut générer des gaz à effet de serre, ce traitement « dans la mesure où il s'accompagne d'une valorisation, permet également d'éviter des émissions importantes ». En définitive, l'incinération génère moins de gaz à effet de serre que les décharges sans récupération de biogaz. ( Source Ademe, octobre 2003 )
12. Quelle est la part de l'incinération par rapport au tri en France?
Incinération : 36%. Tri : 14%. Enfouissement technique : 43%. Traitement biologique : 7% ( Source Ademe 2002 )
13. Que ferait-on des déchets sans incinérateur ?
Il existe différentes filières possibles : la collecte et le tri, la décharge, l'incinération, le recyclage et le compostage. Les chiffres évoluent en particulier le recyclage qui augmente sensiblement. Il n'est pas réaliste de penser qu'une seule filière pourrait réduire le problème croissant de l'élimination des déchets. Malgré l'appel au sens civique de chacun pour réduire sa production de déchets, tous les indicateurs montrent, que, plus le pouvoir d'achat d'un pays est élevé, plus la production de déchets augmente. Augmentation des OM de 1% par an.
14. Quels sont les avantages de l'incinération ?
La suppression de la grande majorité des risques biologiques liés aux déchets. La diminution de 90% de leur volume. La valorisation en énergie thermique et électrique. L'économie de l'utilisation des combustibles fossiles, ce qui permet aussi une diminution équivalente de l'effet de serre.
15. Trouvez-vous normal que l'énergie dégagée par les incinérateurs ait été incluse par Bruxelles dans les énergies renouvelables ?
L'incinération des déchets est directement utile : une tonne d'ordures ménagères génère 2,2 MWh. Si la totalité des déchets des collectivités était valorisée en énergie thermique cela représenterait un gisement potentiel de 6 à 7 millions de tonnes d'équivalent pétrole économisées.
De plus, il est démontré que l'incinération des déchets ménagers avec valorisation énergétique est neutre en matière d'émission de gaz à effet de serre.
16. Pourquoi l'incinération est-elle préférable a la mise en décharge directe des déchets ?
L'incinération permet de traiter de grandes quantités de déchets avec ou sans tri préalable avec une réduction de volume très important de l'ordre de 90%, et de récupérer l'énergie contenue dans les déchets pour alimenter un réseau de chaleur ou produire de l'électricité.
A ce titre, elle est incontournable en milieu urbain, le tri ayant ses limites. En outre, ce traitement des déchets fait appel à des techniques modernes et automatisées, qui engendrent de Donnes conditions de travail pour des emplois faisant appel à la main d’œuvre qualifiée.
Le revers de la médaille est qu'en tant qu'installations industrielles, avec une cheminée de surcroît les usines d'incinération inquiètent les populations. Ainsi, malgré les traitements des fumées de plus en plus sophistiqués et les études d'impacts sanitaires qui montrent l'absence de danger pour la santé des populations, ces installations rencontrent des difficultés pour se faire accepter localement.
Incinérateurs de déchets ménagers et dioxines
17. Qu’est-ce qu’une dioxine ?
Ce sont des composés organiques.
Parmi les 210 combinaisons possibles de ces composés, 17 ont été retenues par l'OMS et font l'objet d'un suivi environnemental ; la dioxine la plus toxique est la 2,3,7,8-TCDD, dite dioxine de Seveso.
18. D’où viennent-elles ?
Les dioxines sont des substances qui résultent de la plupart des procédés industriels comportant une combustion : industrie du chlore, fabrication d'herbicides et de pesticides, blanchiment de la pâte à papier, fonderie, métallurgie, sidérurgie, incinérateurs de déchets...
Il existe deux types de mécanismes de formation des dioxines : la formation en phase de combustion (ou « phase gazeuse ») et la re-formation en phase de refroidissement (« phase hétérogène »).
Elles peuvent également résulter de sources naturelles difficilement évaluables (feux de forêt, éruptions volcaniques par exemple) et diffuses comme la combustion à ciel ouvert (barbecues individuels, feux de jardin, de cheminées, de fossés).
A noter qu'un 1kg de déchets brûlés dans te milieu naturel, sans précaution particulière, émet autant de dioxines que 100 000 kg brûlés dans un incinérateur qui est équipé d'un système de traitement de fumées.
19. Comment les dioxines se transmettent-elles à l’homme ?
L'exposition des populations se fait à 95% par voie alimentaire, essentiellement par ingestion de graisses animales.
Il ressort d'une étude de l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) que l'exposition moyenne de la population française aux dioxines et furannes est proche de 2 pg/kg de poids corporel et par jour (ce chiffre est à rapprocher des valeurs limites de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : 1 à 4 pg/kg de poids corporel et par jour.).
20. Le lait maternel peut-il contenir des dioxines ?
Le lait maternel peut comprendre des dioxines et furannes bio-accumulèes par la femme avant d'être mère. Ces dioxines et furannes résultent, pour une grande partie, des activités industrielles du passé; elles se résorbent progressivement dans l'organisme sur une période de plusieurs années. Source ADEME
Les effets bénéfiques de l'allaitement maternel dépassent largement les éventuels risques négatifs liés à la présence de dioxines. Par ailleurs, assurer une alimentation variée et réduite en matière grasse renforcera la diminution de l'exposition. ( Source OMS )
21. Quelle est la durée de vie d'une dioxine ?
Introduites dans l'environnement les dioxines persistent en raison de leur stabilité chimique à température ambiante. Très peu solubles dans l'eau, elles ont une certaine solubilité dans les graisses. Leur demi-vie dans l'organisme humain est d'environ sept ans.
22. Quels sont les effets des dioxines sur la santé ?
La 2, 3, 7, 8 TCDD est considérée comme un agent « promoteur » cancérogène puissant (c'est à dire qu'elle favorise la multiplication cellulaire, mais ne l'initie pas).
Les dioxines peuvent être à l'origine de lésions cutanées, de formation de tâches sombres sur la peau, voire d'une altération de la fonction hépatique (effet à court terme).
23. Comment mesure-t-on les effets de la dioxine sur l'homme ?
Deux modèles ont été développés pour expliquer et mesurer le risque lié aux dioxines et furannes :
le modèle adopté par l'OMS dit « modèle avec seuil >. Il considère que le risque
lié aux dioxines et furannes n'existe qu'au-delà d'un seuil minimal ;
le modèle américain de l'EPA (Environnemental Protection Agency) dit modèle
« sans seuil », toujours en cours de discussion aux Etats-Unis, qui considère que
le risque est présent dès la première molécule.
Etude des faibles doses :
Ces dernières années, un effort accru a été mené pour mieux connaître les émetteurs, les niveaux d'émission de dioxines, l'impact sur l'environnement (notamment via la chaîne alimentaire), et enfin le degré d'exposition des populations.
Bien que le risque associé aux dioxines ait été particulièrement étudié, les incertitudes pour son évaluation restent très importantes. Elles concernent l'appréciation de la nocivité de ces substances, et la relation précise entre une dose et son effet Chez l'homme, l'analyse épidémiologique reste délicate. Par ailleurs, un individu exposé aux dioxines l'est aussi à d'autres polluants (pesticides chlorés, PCBs, solvants, tabac...). Or, les effets attendus ne sont pas spécifiques,
il est donc très difficile d'attribuer aux dioxines une élévation d'incidence de certaines pathologies suscitées par nombre d'autres substances.
Etude de fortes doses :
On se focalise là sur les populations exposées à de fortes doses, comme celles voisines du site de l'accident de Seveso, où l'on a constaté un effet cutané fort (chloracnée). Les études de personnes surexposées dans un cadre professionnel, au moins dix fois plus que la population moyenne, ont révélé une légère augmentation des cancers des tissus mous. Le risque relatif moyen à fortes doses, dans le contexte de Seveso, a été évalué à 40% de cancers en plus (à titre de comparaison, le risque relatif de développer un cancer pour un fumeur est de 800%).
24. Comment s’en débarrasser ?
Les dioxines présentes dans les fumées de combustion des incinérateurs sont arrêtées par des systèmes de traitement de fumées, qui les détruisent (système catalytique) ou qui les fixent sur un support solide (charbon actif) stocké pour qu'elles ne repartent pas dans l'environnement.
En matière d'incinération des déchets ménagers, on peut considérer que les dioxines sont détruites lors d'une bonne combustion (au moins 650°) et que le principal risque réside dans la re-formation en cours de refroidissement des fumées.
L'installation de ces procédés de traitement des fumées a permis de diviser par 3 les émissions de dioxines des unités d'incinération d'ordures ménagères (UIOM) au cours des 6 dernières années.
25. Les normes imposées aux UIOM suffisent-elles à protéger les populations ?
Si l'incinération traite tous les types de déchets, les opérations préalables de collectes spécifiques des déchets toxiques des ménages sont nécessaires. En effet, elles permettent d'écarter, si possible en vue d'un recyclage, les déchets contenant certains polluants comme les piles ou les batteries ; ce qui permet de réduire d'autant les frais de traitement
L'incinération dispose toutefois des moyens nécessaires pour maîtriser les polluants issus de la phase de combustion des déchets. A ce stade, l'essentiel n'est pas tant d'empêcher la production de polluants-en réalité déjà présents dans les déchets mais plutôt d'éviter la dispersion de particules polluantes dans l'atmosphère ou les nappes phréatiques.
Lorsque les émissions atmosphériques des UIOM respectent tes nouvelles normes fixées par la Directive européenne de décembre 2000, les risques associés sont toujours faibles, avec des estimations de risques de cancer, vie entière, inférieur à 10 pour tous les métaux cancérogènes et inférieurs à 10 »4 pour les dioxines, y compris en intégrant la voie d'exposition par ingestion des productions alimentaires locales. Selon un scénario pessimiste, pour les particules fines, l'impact sur la survie est négligeable, de l'ordre d'une perte de 5 jours sur 15 ans, dans le scénario le plus pessimiste.
Les ratios de dangers sont toujours inférieurs à 1, le plus souvent très nettement.
Les résultats confortent d'un point de vue sanitaire, les normes d'émissions atmosphériques que vient d'adopter l'UE pour les UIOM.
26. Que pensez-vous d’études récentes établissant une corrélation entre les incinérateurs et des malformations congénitales ou des cancers ?
Il ne faut pas confondre les études en question avec le compte rendu fait par des journalistes à la recherche de € scoop » et de titres sensationnels du style :« Une nouvelle affaire aussi grave que l'affaire du sang contaminé » ou « Santé : la pollution des incinérateurs scientifiquement établie : selon une étude épidémiologique réalisée en Rhône-Alpes sur une durée de 10 ans, plus de 200 enfants sont nés mal formés après la mise en marche d'usines d'incinération de déchets ménagers » - (Le Dauphiné Libéré du 04/07/03),
Alors que tes experts ont rendu des conclusions sensiblement différentes.
27. Quelles sont les conclusions des experts sur l'évaluation du risque des malformations congénitales liées a la proximité d'incinérateurs d'ordures ménagères ?
Ci-joint, la conclusion de l'étude réalisée par l'Inserm
« Dans toute étude épidémiologique, un jugement de causalité est à mener avec prudence. La relation de type « dose-effet » entre les niveaux d'exposition aux émissions d'UlOM et le risque de malformations congénitales est un argument en faveur de la causalité. Or, les résultats de l'étude n'aboutissent, ni à une tendance linéaire croissante entre l'exposition et l'effet sanitaire, ni à une relation croissante plus simplement (un risque de malformations pour le niveau 3 de l'exposition toujours plus faible).
Cependant, une association entre exposition et risque de malformations est mise en évidence dans les analyses uni variée et multivariée. Ce résultat peut s'expliquer de deux façons : soit cette association est suffisamment forte pour ne pas être entièrement le fruit de la présence de biais, soit, au contraire, elle s'explique par un phénomène de biais d'un facteur de risque concurrent important ou d'un grand nombre de facteurs de confusion moins importants.
En effet, on peut penser que si les biais subsistent, ils traduisent des phénomènes urbains comme le trafic routier, par exemple. Ce facteur de confusion, à priori potentiel, s'avère significativement important dans l'ajustement des modèles réalisés sur les populations « exposées » - pour lesquelles l'information est disponible. Nous constatons une relation nettement significative, linéaire et croissante, entre les risques de l'ensemble des malformations congénitales -ainsi que des malformations majeures non géniques - et les niveaux de trafic routier des communes.
Aussi, lorsque l'on s'intéresse aux communes rurales, par définition, faiblement exposées aux forts trafics routiers, l'ensemble des mêmes analyses ne confirme plus l'association entre l'exposition aux émissions des UIOM et le risque de malformations congénitales.
Finalement, les analyses mettant en évidence une association entre l'exposition aux dioxines des émissions des UIOM et le risque de malformations congénitales ne prennent pas en compte le trafic routier et peuvent ainsi aboutir à des résultats biaises.
Il est dont difficile de mettre en cause les émissions de dioxines des usines d'incinération pour expliquer une augmentation de risque de malformations congénitales.
Par ailleurs, cette étude permet de conclure à un résultat inattendu. Le trafic routier semble être un facteur important à ne pas négliger lors d'études sur l'évaluation des risques de malformations congénitales ».
28. L’étude sur l’incinérateur de Besançon a été aussi beaucoup citée, quelles sont ses conclusions ?
L'étude « Floret/Viel » concernant l'incinérateur de Besançon mérite effectivement aussi d'être mentionnée puisque de nombreux journaux ont présenté cette étude, publiée également en juillet 2003, avec des titres accrocheurs et alarmistes.
La conclusion de l'étude est la suivante :
« En résumé, nous trouvons un risque accru de lymphome non hodgkinten dans la zone d'exposition la plus élevée autour d'un incinérateur d'ordures ménagères qui émettait des niveaux élevés de dioxines. Cette constatation, parallèlement à l'excès de mortalité due au lymphome non hodgkinien mentionné par Bertazzi autour de Seveso, vient corroborer l'hypothèse qu'une exposition aérienne à la dioxine peut être une préoccupation de santé publique ».
29. Quels enseignements tirer de ces deux rapports scientifiques ?
Pour des raisons d’objectivité, nous n’avons pas à commenter ces rapports. Nous pouvons simplement reprendre 3 points qui résument l'ensemble de ces analyses :
les conclusions des scientifiques sont très éloignées des comptes rendus
alarmistes et sans preuve scientifique publiés par différents médias
Les études concernent des unités de valorisation anciennes, dont quelques
unes, heureusement peu nombreuses, étaient plus ou moins bien conçues et
exploitées dans de mauvaises conditions.
Les analyses scientifiques ne sont pas convergentes.Les experts scientifiques ne sont donc pas tous du même avis sur les risques des malformations congénitales uees a la proximité d'incinérateurs d'ordures ménagères ?
Denis Bard, du Laboratoire d'étude et de recherche en environnement et santé de l'Ecole Nationale de la Santé Publique de Rennes, a commenté, dans la revue « Environnement, Risques et Santé », (vol. 2, n° 4 - juillet-août 2003), l'étude Ftoret-Viel publiée dans « Epjdemiology », en précisant que :
«La littérature, (citée abondamment par Floret et al) ne montre pas d'augmentation évidente de l'imprégnation corporelle en dioxines des voisins d'LHOM ».
« La publication de Floret et Viel, en dépit de sa qualité globale, n'apporte pas d'élément décisif de réponse à la question posée, (le risque pour la santé des riverains des incinérateurs d'ordures ménagères est-il sous-estimé ?),
Peut-être en raison de son protocole mêlant l'approche individuelle et l'approche écologique qui laisse plus de possibilités à l'influence de facteurs de confusion ».
Denis Bail précise dans ce même article que « les LNH (rymphomes non hodgkiniens) sont l'un des cancers dont l'incidence croît partout dans le monde, (60 % depuis le début des années 1970 aux Etats-Unis, où l'incinération des ordures ménagères est peu pratiquée), et qui ne semble pas pouvoir être attribuée exclusivement à un meilleur diagnostic. Les causes évoquées sont multiples, avec de forts soupçons sur le rôle de certains virus et une quasi certitude sur l'influence du V1H ».
30. Toutes les usines anciennes ont-elles émises d'importantes quantités de Dioxine ?
Il faut souligner que les études qui soulèvent la question d'un éventuel risque de santé publique, (sans toutefois te prouver), concernent toutes des usines obsolètes ou exploitées dans des conditions particulièrement déplorables.
Les rejets habituels des usines anciennes, non équipées d'un traitement des dioxines, sont majoritairement de l'ordre de 1 à 7 ng/Nm . Les mesures effectuées régulièrement sont publiées sur le site du Ministère de l'Ecologie.
Or, la concentration en dioxines, mesurée pour la première fois, en 1997, à Besançon, était de 16,3 ng/Nm3 et celle de l'usine de Gtlly sur Isère était de 1.285 ng/Nm3 H - soit une teneur de plus de 300 fois supérieure à la moyenne des usines anciennes, non équipées, et près de 13.000 fois supérieure à la norme imposée, au plus tard, en décembre 2005, pour tout le parc des usines existantes.