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Samedi 4 Septembre 2010
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Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte Lettre au Président Obama, Prix Nobel de la Paixpar Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la Paix 1980
Adolfo Perez Esquibel Prix nobel de la Paix 1980
Recevez un salut fraternel de Paix et de Bien.
Tout d’abord mes félicitations pour votre désignation comme Prix Nobel de la Paix 2009, en espérant que cela contribuera à fortifier la Paix dans votre pays et dans le monde, malgré les conflits et les situations où les Etats-Unis sont impliqués et en souhaitant que cela puisse contribuer à rétablir des liens de coopération et de solidarité entre les peuples. Je tiens à vous signaler tout de même que la nouvelle de votre désignation m’a surpris. Je connais votre valeur et votre décision de surmonter les graves problèmes dans votre pays et dans le monde. Vous voulez donner réalité au rêve de Martin Luther King, lui qui a lutté sans cesse pour établir les droits civils dans votre pays et pour surmonter les injustices afin que tous et toutes nous puissions nous asseoir à la même table de la fraternité et partager ensemble le pain qui alimente le corps et le pain qui alimente l’esprit et pour que nous construisions ensemble les chemins de la liberté. La Paix est une construction permanente entre les personnes et les peuples dans la diversité et l’unité. Monsieur le Président, les Etats-Unis doivent affronter de grands défis, à l’intérieur comme au niveau international. Vous avez besoin de prendre des décisions politiques pour surmonter les conflits armés qui affectent toute l’humanité, conflits dans lesquels votre pays est impliqué. Vous n’êtes pas encore arrivé à éradiquer la torture et à fermer la prison de Guantanamo à Cuba, ni celle d’Abou Graïb en Irak. Jusqu’à présent, il ne vous a pas été possible de mener à bien la décision que vous avez vous-même exprimée à plusieurs reprises de mettre fin à la guerre en Irak et en Afghanistan. Les avancées en la matière sont très faibles et insignifiantes. D’un autre côté, en Amérique Latine, il est urgent de mettre fin au blocus immoral et injuste contre Cuba qui dure depuis presque 50 ans et il est aussi urgent de libérer les 5 prisonniers cubains de Miami et, avant tout, de leur permettre de recevoir la visite de leurs familles qui, depuis 10 ans, n’arrivent pas à obtenir un visa pour rendre visite à ces personnes qui leur sont chères. Ceci viole le Droit Humanitaire. Même si vos déclarations sont pleines d’espoir, il est maintenant nécessaire de les concrétiser dans la pratique en étant cohérent entre le dire et le faire. Il vous faut trouver des chemins alternatifs de construction sociale, culturelle et politique qui permettent de changer les relations entre les Etats-Unis et les peuples du monde, car ces relations sont le plus souvent conflictuelles et ne respectent pas la diversité et la souveraineté des autres peuples. La nouvelle installation de sept bases militaires nord-américaines en Colombie ne contribue pas à la Paix. Au contraire, elle intensifie les conflits et met en péril les démocraties en Amérique Latine. D’autre part, le coup d’Etat au Honduras n’aurait bien sûr, pu avoir lieu sans la participation du gouvernement des Etats-Unis. Monsieur le Président, vous êtes face à de grands défis et on sait très bien qu’ils ne peuvent être assumés par une seule personne. Les peuples eux aussi doivent pouvoir participer à la construction de nouveaux modèles de vie et parvenir ainsi à réaliser des sociétés plus justes et plus fraternelles. Ecoutez la voix des peuples et ne vous laissez pas manipuler par ceux qui cherchent toujours à favoriser le capital financier et à imposer leurs propres intérêts économiques, politiques et militaires plutôt que la vie de l’humanité. Ce sont les mêmes qui détruisent l’environnement et les libertés citoyennes et qui engendrent la faim, la pauvreté et la marginalité. Souvenez vous aussi que la FAO a signalé que, chaque jour, plus de 35 mille enfants meurent de la faim dans le monde. C’est vous qui, comme Président des Etats-Unis et Prix Nobel de la Paix, devait choisir et décider du chemin à suivre : ou bien vous continuez à augmenter le budget militaire, en laissant torturer et en envahissant de nouveaux peuples, ou bien vous êtes disposé à construire la Paix en luttant contre la faim, l’analphabétisme et les inégalités sociales pour construire un « Nouveau Contrat Social » pour l’humanité avec le respect et l’égalité de tous et de toutes. Monsieur le Président, je vous souhaite beaucoup de force et d’espérance et j’espère que votre désignation comme Prix Nobel de la Paix contribuera à fortifier votre possibilité fondamentale de gouverner dans votre propre pays pour être au service des peuples et du monde. Nous qui avons été honorés par l’attribution du Prix Nobel, nous espérons pouvoir unir nos efforts et cheminer ensemble. Nous espérons avec beaucoup d’espérance que vos prochaines décisions irons dans la bonne direction.. Je vous réitère mes salutations de Paix et de Bien, Buenos Aires, le 9 octobre 2009 Traduit de l'espagnol par Francis Gély Adolfo Pérez Esquivel,
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