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Samedi 4 Septembre 2010
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Diminuer la taille du texte Est du Congo - Davantage de déplacés qu’au plus fort de la guerreAu lendemain d’accords entre le Rwanda et la RDC, leurs armées respectives ont commencé à déloger les rebelles hutus rwandais du Nord et du Sud Kivu, avec des résultats très mitigés. Craignant les affrontements ou les représailles meurtrières, les populations fuient. La situation humanitaire se détériore également au Nord (Est) où la LRA (armée du Seigneur) continue d’enlever ou de massacrer des civils. Mais les media ne sont pas, ou plus, sur le terrain.
En octobre 2008, Nkunda, le général congolais déchu, était aux portes de Goma, la capitale du Nord Kivu, faisant frémir les autorités de Kinshasa. Le 23 janvier, son arrestation par le régime rwandais, qui l’avait soutenu, marquait un revirement total et la fin de la guerre. Les deux pays décidaient alors de mener des actions militaires conjointes afin de chasser les milices hutu rwandaises (FDLR), qui sèment la terreur dans l’Est du Congo depuis le génocide de 2004.
1.000 FDLR rapatriés contre 350.000 nouveaux déplacés
“Les opérations militaires ne sont pas un succès si l’on compare le chiffre des déplacés et celui des rebelles neutralisés , observe Esteban Sacco, le coordinateur OCHA (office onusien de coordination des affaires humanitaires) basé à Goma. Il n’y a pas de vrais combats. Au fil de l’avancée des troupes, les gens fuient tandis que les FDLR reprennent leurs anciennes positions dans la forêt, où ils guettent les femmes qui s’aventurent à la recherche de bois de chauffe ou les paysans qu’ils rançonnent, comme avant. Chaque jour apporte son lot de pillages, viols et violences, commis non seulement par les FDLR mais par tous les groupes armés, y compris par les soldats, souvent affamés. Nous en subissons aussi les conséquences, poursuit le responsable OCHA : les exactions contre les humanitaires ont augmenté de 40% depuis début 2009”. La Monuc estime qu’il reste toujours 5.000 combattants FDLR sur les 6.000 présents fin 2008, avant le début des opérations militaires. Avec pour le Nord Kivu, un total d’1,1 million de déplacés, et 540.000 au sud Kivu, soit davantage qu’au pire moment de la guerre avec Nkunda, ” les civils paient le prix fort, mais quelle alternative y avait-il ?” se demande Sylvie van den Wildenbergh, porte-parole de la MONUC à Goma, qui précise que les 350.000 réfugiés récents vivent surtout dans des familles d’accueil et que leur exode s’inscrit dans le court terme. Dès la fin des attaques, la plupart rentrent chez eux à la différence de ceux qui ont fui, voici plus longtemps, les affrontements entre Nkunda et l’armée, appuyée par d’autres milices.
Les (anciens) déplacés doivent rentrer
« Les camps sont devenus un lieu de violence et de tricherie. Que ne ferait-on pas pour quelques kilos de farine ? Il y a des huttes fantômes, soi -disant occupées, qui permettent aux chefs de bloc d’accumuler les précieux jetons de ravitaillement tandis que les plus vulnérables sont dépouillés de leurs maigres biens. Nous leur fournissons maintenant des portes et des cadenas,et surtout, nous mettons en garde les voisins et venons régulièrement, explique Béatrice Garcia-Castellano, une jeune Espagnole, aussi dynamique que souriante, travaillant pour l’ONG Jesuit Refugee Service.
Dans le camp de Buhimba, proche du Gouvernorat, on panique : les militaires présents autour du gouvernorat auraient commandé des filles le 23 ou 24 août. Dans un autre site proche de la future résidence de J. Kabila, les ONG ont eu écho de viols depuis l’arrivée des soldats. Les violences sexuelles ne sont toutefois pas le triste apanage des hommes en armes, elles viennent aussi des autres réfugiés. Impensable pour une femme de vivre seule ! Même s’il subsiste une insécurité dans les villages, JRS pense comme le HCR que le retour des déplacés est souhaitable. Le jour de la distribution de nourriture, les sinistrés se gavent et ne gardent presque rien, les dispensaires de fortune sont remplis de personnes ayant des problèmes digestifs. ”Nous mangeons ce qu’on nous donne parce que c’est peut -être notre dernière nourriture. La guerre peut reprendre à tout moment”, explique une femme. Dorénavant, le programme alimentaire mondial ne soutiendra plus que les personnes fragilisées.
Questions ouvertes
Huit mois après la fin soudaine de la guerre ouverte, les Nord Kivutiens s’inquiètent : “quels sont les termes de l’accord secret conclu avec le puissant petit voisin rwandais, qui avait avancé avec succès le pion Nkunda sur les précieuses terres de l’Est du Congo avant de le mettre brutalement hors circuit ? “ D’autre part et en coulisses, certains onusiens s’étonnent de la contradiction à soutenir une armée (congolaise), comptant en son sein de nombreux auteurs de crimes contre l’humanité et en même temps, à se prévaloir d’un mandat renforcé de protection des civils. Béatrice PETIT
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