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Samedi 4 Septembre 2010
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Entre le silence pesant d' Ashton et le débat sur l’identité nationale l’Europe passe à la trappe.

Dotée par le Traité de Lisbonne de nouvelles institutions, l'Union semble avoir fait vœux de silence. Pourtant le moment est mal choisi pour s'absenter du mouvement global et international.les européens ont besoin de voir l'Europe incarnée pour y croire et reprendre confiance. Au plan intérieur, le débat sur l'identité nationale, qui aurait pu et dû être intéressant, ne prend pas en compte la citoyenneté européenne, ni son esprit et ses fondements nationaux. Il y a pourtant matière a une réflexion riche qui pourrait initier un sentiment d'appartenance à l'Europe.



Entre le silence pesant d' Ashton et le débat sur l’identité nationale l’Europe passe à la trappe.
L’absence de la responsable de la diplomatie sur la scene internationale est sinon remarquable très remarquée vingt jours après sa prise de fonctions. Sans doute ses services ne sont pas encore installés et dirigés. Mais au moment où l’Union européenne a besoin d’apparaitre sur la scene internationale Catherine Asthon semble être passée aux abonnés absents. Ce qui donne beau jeu au parlement européen qui en profite pour jouer son rôle et critiquer la haute representante aux affaires étrangères notamment pour ne pas s’être rendue à Haiti après le seisme. Surprenant pour cette ancienne responsable d’associations caritatives qui a travaillé de longues années auprès des plus pauvres. Sans doute plaidera-t-elle ne pas avoir voulu alourdir par sa présence inutile une situation déjà bien complexe.
Plus économiste que diplomate, la britannique a vu sa nomination être, on s’en souvient, validée sans véritable enthousiasme. Devenue commissaire européen en 2008, elle n’a toujours pas percé dans l’opinion publique à ce poste. Elle n’a pas su se faire connaitre sur la scène internationale. Au bout du compte, les Etats Unis qui craignaient de ne pas avoir de numéro de telephone en Europe, connaissent aujourd’hui un leader ship occidental que seules les interventions de chefs d’Etats et de Gouvernement, au titre de leur pays respectifs, viennent à peine troubler.
Pourtant le moment de s’affirmer sur cette scène internationale est bien venu. Mais on se demande si les nouvelles opportunités offertes a l’europe par l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne font bondir de joie et de dynamisme les gouvernements nationaux. Tout se passe comme si on affirmait haut et fort l’importance de l’Europe mais dans les faits on se repli sur l’Etat nation.
Dans le contexte de crise économique et sociale cela semble entrer dans une logique déjà vue. Si toute ressemblance avec des evenements…… déjà vus, le monde a terriblement changé. Le contexte est à prendre en compte. Il existe aujourd’hui une Union européenne organisée, institutionnelle, porteuse de compétences deléguées ou partagées par ses Etats-membres. C’est donc bien à se niveau de supranationalité, dans la dimension du marché unique voulue par les citoyens de l’Europe en 1992, que la prise de décision économique, monetaire et diplomatique doit se faire. L’effacement du président du Conseil et le silence de notre representantes aux affaires etrangères sont, pour les citoyens européens pesant.
Sur le plan intérieur, on ne peut, non plus, s’empécher de rapprocher les evenements. La convocation du PDG de Renault à Bercy puis à l’Elysée est significative d’un Etat d’esprit et met a mal l’idée même de la construction européenne et de son avancée depuis la declaration de Robert schuman, il y a 60 ans. Tout comme elle met à mal les engagements de la France et a terme sa crédibilité dans un processus qu’elle a pourtant initié.
A un autre niveau, le debat sur l’identité nationale dont on ne peut se priver,ici et ailleurs, car cela fait bien longtemps que les Français ne se posent plus collectivement de grandes questions existentielles semble repondre aujourd’hui qu’à certaines visions de la nation, de l’Etat-nation dans leurs perspectives les plus étriquées. Ce débat devrait poser une question essentielle, celle de l’habitabilité du monde. Mais aussi celle de l’appartenance à partir de notre, de nos identités nationales, à la dimension territoriale qui est la nôtre, commune et porteuses d’identités nationales, je veux parler de l’Union européenne. Un chemin pour y accéder est la citoyenneté européenne commune, liée comme on le sait, aux appartenances nationales. Un outil pour travailler ce champs identitaire et celui du sentiment d’apaprtenance est ce document commun, promulué en 2000 et inseré dans Lisbonne, qui exprime les valeurs et grands principes qui président aux destinées de l’Union. Je veux parler de la Charte des droits sociaux fondamentaux des citoyens de l’Union. Pas un ministre, pas un député, pas un journaliste, pas un défenseur des droits de l’Homme et autre militant polilique ou chercheurs en sciences humaines ou en science politique n’ a amené cet élément dans le débat. A croire que les débats franco français rendent ceux qui se veulent être des acteurs autistes.

Emmanuel Morucci


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