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Samedi 4 Septembre 2010
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Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte A l’heure de dresser un bilan du LibanLe 7 juin dernier, les Libanais avaient rendez-vous avec les urnes à l’occasion d’un scrutin législatif qui pourrait s’avérer crucial pour l’avenir de ce pays. Menée par Saad Hariri, la coalition antisyrienne et pro-occidentale au pouvoir l’a emporté avec 71 élus face aux pro-Syriens du Hezbollah, du mouvement Amal et du parti chrétien de Michel Aoun, qui raflent au total 57 députés. Mais au-delà des résultats, que sait-on du contexte politique, ethnique et confessionnel dans lequel se sont déroulées ces élections ? Retour en arrière et analyse.
C’est peu dire que le Liban constitue une mosaïque religieuse. Le “pays du Cèdre” est en effet constitué de musulmans sunnites, de chiites, de chrétiens de diverses appartenances et de druzes. En 1943, année de l’indépendance, les Libanais avaient conclu un “pacte national” aux termes duquel chaque confession devait être représentée dans les gouvernements successifs, ceci afin de garantir les intérêts de toutes les communautés dans le cadre du maintien de l’unité nationale.
Toutefois, l’influence du conflit israélo-arabe et l’arrivée de milliers de réfugiés palestiniens devaient bousculer cet équilibre précaire et plonger le pays dans une guerre civile qui fit rage de 1975 à 1990. À cette date, sous la pression de l’Arabie saoudite et de la Jordanie, 62 députés libanais signèrent l’”accord de Taëf” qui consacrait de fait la mainmise de la Syrie sur son petit voisin. Désormais la vie politique libanaise allait se dérouler entre deux camps : les pro- et les anti-Syriens. “Mini-guerre civile”
Mais en 1992, l’arrivée au pouvoir de l’homme d’affaires Rafic Hariri sonna l’heure de la reconstruction de l’État, tandis que ce leader charismatique devenait l’incarnation de la lutte contre la tutelle syrienne. C’est pourquoi son assassinat, survenu le 14 février 2005, provoqua une émotion considérable au “pays du Cèdre”. Il en résulta de gigantesques manifestations populaires dont l’ampleur obligea la Syrie à retirer ses troupes du Liban en avril suivant. Bien que jamais accusés directement d’avoir commandité l’attentat, les services secrets syriens furent fortement soupçonnés d’être impliqués dans celui-ci.
Toutefois, la violence politique ne s’arrêta pas là. En effet, depuis l’assassinat de Rafic Hariri, plusieurs dizaines de personnalités antisyriennes ont été tuées, tandis que le peuple libanais se déchirait sur la question de l’éventuelle création d’un tribunal international chargé de juger les responsables de la mort d’Hariri. D’autre part, la décision du Premier ministre sunnite pro-occidental Fouad Siniora de lancer le 6 mai 2008 une enquête sur le réseau téléphonique parallèle du Hezbollah pro-syrien déclencha pendant huit jours une “mini-guerre civile” au terme de laquelle le “parti de Dieu” obligea le gouvernement à faire machine arrière. Stabilisation enfin ?
Deux ans plus tôt, le Hezbollah avait déjà obtenu un succès politicomilitaire majeur en tenant tête victorieusement à Tsahal – l’armée israélienne – suite à l’incursion en territoire libanais que celle-ci avait menée du 12 juillet au 14 août 2006. Ce qui avait amené le parti de Hassan Nasrallah à décréter “non-négociable” la question de l’armement que possède celui-ci, et à obtenir une “minorité de blocage” au sein du gouvernement.
Dès lors, les législatives du 7 juin dernier allaient mettre aux prises les factions suivantes : d’un côté, le camp gouvernemental anti-syrien de Fouad Siniora et Saad Hariri – le fils de l’ancien Premier ministre assassiné – comprenant les sunnites du Courant du futur, le Parti socialiste progressiste druze de Walid Joumblatt, ainsi qu’une majorité de chrétiens. De l’autre côté, le camp pro-syrien représenté principalement par trois composantes, à savoir le Hezbollah et le mouvement Amal, tous les deux chiites, et le Courant patriotique libre du chrétien Michel Aoun. La plupart des sondages pré-électoraux prédisaient un succès des seconds. On pouvait donc craindre que ceux-ci ne contestent la victoire remportée par la majorité gouvernementale. Heureusement, il n’en fut rien, au grand soulagement de la communauté internationale. Reste maintenant une grande question : dans le contexte d’ouverture au Proche-Orient prônée par le nouveau président américain Barack Obama, ce scrutin se soldera-t-il enfin par une réelle stabilisation du Liban ?
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Louis MATHOUX
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